
Un débat qui a tenu toutes ses promesses
Le débat de l’Interdépartementale est devenu, depuis deux ans, l’un des temps forts de l’assemblée générale annuelle. Il est désormais suivi par une assistance fidèle, mais aussi de plus en plus élargie.
Celui organisé le vendredi 18 septembre à Beauchastel a une nouvelle fois permis de faire émerger de nombreuses préoccupations du monde de la chasse. Les échanges ont notamment porté sur la régulation du sanglier, ses conséquences pour les chasseurs et les ACCA, mais aussi sur l’avenir d’une chasse populaire et accessible à tous.
Les discussions ont également fait ressortir un fossé qui semble se creuser entre le monde agricole et celui de la chasse. Alors qu’il y a encore quelques décennies de nombreux agriculteurs étaient eux-mêmes chasseurs, ils sont aujourd’hui beaucoup moins nombreux à pratiquer cette activité, contribuant à modifier les relations entre les deux mondes.
Pour ce débat, le nombre de Drômois et d’Ardéchois était équilibré à quelques unités près.
En un seul quart d’heure d’assemblée générale statutaire ont été approuvés le rapport d’activités du président Christian Pialet, le rapport financier de la trésorière Yolaine Létrange, ainsi que les élections au conseil interdépartemental et au bureau.
Aucun départ parmi les dirigeants et deux arrivées de Drômois au conseil : Gilles Lioux et Jacques Ramat, tous deux chasseurs de gibier d’eau à Livron.
Le débat a alors pu prendre toute sa place, durant une heure.
Une liberté d’expression complète pour les participants
Ce qui plaît à ceux qui viennent, c’est d’abord la diversité des sujets abordés.
À partir de ce qui a retenu l’attention dans l’actualité de la chasse, le débat s’organise selon les préoccupations et les interventions des participants. Les échanges reposent sur une liberté d’expression complète : ni protocole, ni temps de parole imposé.
La spontanéité prime. Le besoin d’intervention d’un modérateur ne se fait pas sentir : personne ne franchit de ligne rouge, preuve d’un véritable esprit de responsabilité.
Ainsi, ceux qui n’osent peut-être pas intervenir dans d’autres réunions disent ne ressentir aucune gêne à prendre la parole lors des débats de l’Inter Chasse Drôme-Ardèche. Les discussions argumentées se déroulent dans le respect du point de vue de chacun.
Comme l’année précédente, le débat 2026 a été préparé, présenté et dirigé par le président-délégué, Sébastien Riou. Sa déjà longue expérience de secrétaire d’AICA et de président d’ACCA est particulièrement enrichissante pour les échanges d’idées et le partage d’informations.
C’est d’ailleurs tout le principe de ce type de débat.
À travers la diversité des ACCA ardéchoises et drômoises représentées à Beauchastel, chacun peut découvrir des réalisations originales et intéressantes, ou comparer les difficultés rencontrées sur d’autres territoires avec celles auxquelles il est lui-même confronté.
Le débat 2026 s’est déroulé en présence de représentants de la municipalité de Beauchastel et sous l’œil attentif d’un invité de marque : le parrain d’honneur de l’association, le Drômois Jean-Paul de Bernis, président national de l’Académie du Mérite et Dévouement Français.

Le sanglier, des charges de plus en plus lourdes
Après les premiers échanges, les discussions ont véritablement débuté autour de la question du sanglier.
Les participants ont rappelé que les chasseurs assument financièrement les dégâts de grand gibier, alors que certains territoires sont soustraits à la chasse ou placés en opposition.
Pour les ACCA, cette situation devient préoccupante. Les coûts augmentent tandis que le nombre de sociétaires diminue dans certaines structures. Le renouvellement des effectifs ne compense plus toujours les départs des anciens.
Le risque évoqué est celui d’un cercle vicieux : moins de chasseurs, davantage de charges pour ceux qui restent et, par conséquent, des cotisations plus élevées.
Une situation susceptible de fragiliser la chasse populaire défendue par les ACCA.

Le piégeage du sanglier au cœur des échanges
Le piégeage du sanglier en cage a également suscité de nombreuses réactions.
En Ardèche, 13 nouvelles communes avaient été ajoutées aux 55 déjà concernées, portant leur nombre à 68.
Plusieurs participants ont fait état de situations constatées sur le terrain qui, selon eux, confirmaient certaines inquiétudes exprimées lors de la mise en place du dispositif.
Les échanges ont notamment fait ressortir des interrogations sur son application concrète.

Ce sentiment alimente une incompréhension et pose la question d’une application uniforme des règles.
Les ACCA concernées restent par ailleurs attentives aux résultats des prises réalisées dans les cages.
Un rappel a été fait au cours du débat : celles-ci devaient être fermées au 14 septembre. Selon plusieurs participants, certaines seraient toutefois restées ouvertes au-delà de cette date.
Quelle place pour le petit gibier ?

L’expérience de l’ACCA de Pont-de-l’Isère
Au-delà du sanglier, les échanges ont également porté sur l’avenir des ACCA et d’une chasse accessible au plus grand nombre.
La place du petit gibier, dont la pratique apparaît de plus en plus délaissée au profit du sanglier, a notamment été évoquée. Les participants ont posé la question de la diversité des modes de chasse et du choix laissé aux chasseurs.
Chaque représentant d’ACCA a écouté avec attention Gérard Pavani présenter l’expérience menée dans l’ACCA qu’il préside, à Pont-de-l’Isère.
Également vice-président de l’Interdépartementale chargé des relations avec les ACCA, il a expliqué le patient travail de réintroduction du lapin.
Des garennes artificielles ont été aménagées ou restaurées. Le faisan est également à nouveau présent, grâce à une belle reproduction obtenue sur plusieurs années au moyen d’une couvaison très encadrée.
Ces initiatives demandent beaucoup d’efforts et, surtout, la patience de ne pas prélever pendant quelques années.
Mais c’est à ce prix que les chasseurs de Pont-de-l’Isère pourront bientôt retrouver sur leur territoire du gibier sauvage qui avait quasiment disparu.
Denis Péatier, vice-président de l’Interdépartementale chargé du petit gibier et lui-même sociétaire de cette ACCA dynamique, ne cachait pas sa satisfaction.
Un exemple à suivre ?

Un débat qui a fait remonter les préoccupations du terrain
Le débat du 18 septembre aura ainsi permis de faire remonter plusieurs préoccupations : coût croissant des dégâts, difficultés financières des ACCA, baisse du nombre de chasseurs, évolution des relations avec le monde agricole, développement du piégeage en cage et interrogations sur son application.
Une autre nécessité s’est également dégagée : préserver une chasse de loisir sans obligation de résultats, notamment celle du petit gibier et du gibier migrateur.
Derrière les dispositifs et les chiffres, les échanges ont rappelé que ce sont des associations locales et des bénévoles qui doivent quotidiennement faire face à ces évolutions.
La question du sanglier ne se limite donc pas à celle de la régulation. Elle touche également à la pérennité financière des ACCA, au renouvellement des chasseurs, à l’équilibre entre les territoires et à l’avenir d’une chasse populaire accessible à tous.
Le débat du 18 septembre aura surtout permis de donner la parole au terrain et de faire entendre les préoccupations de ceux qui, au quotidien, font vivre les ACCA et la chasse dans nos territoires.
À suivre prochainement…
La soirée s’est poursuivie dans une ambiance conviviale autour de l’apéritif-dînatoire offert aux participants.
Elle a été ouverte par l’intervention amicale du parrain d’honneur de l’Interdépartementale et s’est achevée par l’allocution du président-fondateur, avec quelques confidences inédites sur un sujet inattendu.
Une suite à découvrir prochainement…