
Dans une démocratie, le désaccord est légitime. Le débat est nécessaire. La contestation est un droit.
Mais l’appel à la confrontation physique entre citoyens ne peut pas devenir une méthode d’action politique.
Les propos récemment tenus par la députée Sandrine Rousseau à propos de la chasse, appelant notamment à « s’affronter », à « empêcher » la chasse et à être présents « face à eux, physiquement », suscitent une profonde inquiétude dans le monde cynégétique.
La chasse est une activité légale, réglementée et encadrée par les pouvoirs publics. Elle peut naturellement faire l’objet de critiques et d’oppositions. Chacun est libre de défendre l’abolition de la chasse, de proposer une évolution de la loi, de manifester pacifiquement ou de mener un combat politique pour faire évoluer la réglementation.
C’est le fonctionnement normal de la démocratie.
Mais il existe une différence fondamentale entre combattre une pratique par les idées et appeler des militants à se rendre sur le terrain pour s’opposer physiquement à des citoyens exerçant une activité légale.
C’est cette frontière que nous refusons de voir franchie.
La France a précisément construit sa démocratie sur le refus des privilèges et sur l’égalité des citoyens devant la loi. La chasse, autrefois réservée à une minorité privilégiée, est devenue au fil de l’Histoire une activité accessible aux citoyens qui respectent les conditions prévues par la loi.
Les chasseurs ne sont pas des citoyens à part.
Ils ont droit, comme tous les Français, au respect, à la sécurité et à la protection de la loi.
Désigner une catégorie de citoyens comme des adversaires qu’il faudrait « affronter » sur le terrain contribue à installer un climat de tension qui ne peut qu’inquiéter. Plus encore lorsque ces appels concernent des espaces ruraux dans lesquels se déroulent des activités soumises à des règles de sécurité strictes.
Nous ne demandons à personne d’aimer ou de pratiquer la chasse.
Nous demandons simplement que le débat démocratique reste un débat démocratique.
On peut contester la chasse.
On peut militer pour son abolition.
On peut proposer de nouvelles lois.
On peut convaincre par les arguments et par le vote.
Mais personne ne devrait encourager la confrontation entre citoyens ou chercher à transformer les campagnes et les espaces naturels en lieux d’affrontement politique.
La démocratie ne se construit ni par l’intimidation ni par la confrontation physique.
Elle se construit par le débat, le respect de la loi et la confrontation des idées.

Le désaccord n’est pas un danger pour la République.
La banalisation de la confrontation entre citoyens, en revanche, devrait tous nous interroger.
Notre responsabilité collective est d’apaiser les tensions, de protéger chacun et de permettre à tous les citoyens de vivre et d’exercer leurs droits dans le respect des autres.
À ceux qui s’opposent à la chasse, nous répondons : débattons.
À ceux qui souhaitent changer la loi, nous répondons : proposez, votez, convainquez.
Mais à tous ceux qui seraient tentés de remplacer le débat par la confrontation sur le terrain, nous répondons avec fermeté :
La démocratie se défend par les idées, jamais par l’affrontement entre citoyens.

LE PRESIDENT-DELEGUE, SEBASTIEN RIOU